Banya (ou Bania), le sauna Russe
Moins connu en France que le sauna finlandais, le banya, également transcrit bania, est une tradition de bain de chaleur profondément ancrée en Russie et dans plusieurs pays d'Europe de l'Est.
Il présente de nombreux points communs avec le sauna : une pièce chauffée, un poêle, des pierres, de l'eau et une alternance entre chaleur et refroidissement. Sa pratique possède cependant ses propres caractéristiques, notamment une utilisation importante de la vapeur et le célèbre venik, bouquet de branches utilisé pendant la séance.
Qu'est-ce qu'un banya ?
Le banya est un bain de chaleur traditionnel dans lequel un poêle chauffe une importante quantité de pierres.
De l'eau est versée sur ces pierres afin de produire de la vapeur et d'augmenter temporairement l'humidité de la pièce.
Comme dans un sauna traditionnel, la chaleur et l'humidité ressenties peuvent varier considérablement selon la température, la quantité d'eau versée sur les pierres et la manière dont la séance est conduite.
Le banya ne doit donc pas être confondu avec un hammam. Dans ce dernier, un générateur produit continuellement de la vapeur afin de maintenir une atmosphère très humide, généralement proche de la saturation.
Quelle différence entre banya et sauna finlandais ?
La frontière entre les deux pratiques est moins nette qu'on pourrait le penser.
Le sauna finlandais traditionnel n'est pas nécessairement un sauna totalement sec. De l'eau peut être versée sur les pierres du poêle afin de produire le löyly, cette bouffée de vapeur caractéristique de la pratique finlandaise.
Dans le banya, l'utilisation de l'eau et de la vapeur occupe également une place essentielle et l'ambiance recherchée peut être plus humide.
La différence tient donc autant aux traditions et au déroulement de la séance qu'au principe de chauffage lui-même.
Le banya est notamment indissociable de l'utilisation du venik et d'un rituel pouvant comprendre plusieurs passages dans la chaleur, des périodes de repos et différentes formes de refroidissement.
Le venik, symbole du banya
Le venik est probablement l'élément le plus caractéristique du banya.
Il s'agit d'un bouquet constitué de petites branches feuillues, traditionnellement de bouleau mais également de chêne ou d'autres essences selon les pratiques.
Le bouquet est préparé avant son utilisation afin que les feuilles et les branches retrouvent suffisamment de souplesse.
Pendant la séance, le venik peut être agité afin de déplacer l'air chaud et la vapeur autour du corps. Il peut également être appliqué ou utilisé par légers tapotements sur la peau.
Le geste ne consiste donc pas simplement à se frapper avec des branches. Le venik participe à la circulation de l'air chaud autour du corps et constitue surtout un élément culturel et sensoriel propre au rituel du banya.
Une tradition profondément ancrée en Russie
Le banya occupe depuis des siècles une place importante dans les pratiques d'hygiène et la vie sociale russe.
Avant la généralisation des salles de bain modernes, le bain chauffé permettait naturellement de se laver dans de bonnes conditions malgré les températures extérieures particulièrement basses.
Mais sa fonction dépassait celle d'une simple salle d'eau.
Le banya est progressivement devenu un lieu associé à la convivialité, au repos et à différents rituels sociaux. Cette dimension collective explique en partie pourquoi la pratique s'est maintenue alors même que sa fonction hygiénique d'origine n'était plus indispensable.
Comment se déroule une séance de banya ?
Il n'existe pas une procédure unique, mais une séance traditionnelle peut comprendre plusieurs passages dans la pièce chaude.
De l'eau est versée sur les pierres afin de produire de la vapeur. Le venik peut ensuite être utilisé lorsque les conditions de température et d'humidité sont adaptées.
Après un passage dans la chaleur vient une période de refroidissement et de repos.
Selon les habitudes et les installations, le refroidissement peut simplement se faire à l'air, sous une douche ou dans l'eau. Dans les régions froides, le bain dans une eau très froide ou le contact avec la neige font également partie de certaines pratiques traditionnelles.
Ces contrastes thermiques importants ne sont toutefois pas obligatoires et ne conviennent pas nécessairement à tous les utilisateurs, notamment en présence de certaines pathologies cardiovasculaires.
Banya et hammam : deux ambiances différentes
Le caractère humide du banya conduit parfois à le rapprocher du hammam, mais leur fonctionnement est différent.
Dans un hammam, la vapeur est produite par un générateur et l'atmosphère reste extrêmement humide tandis que la température est relativement modérée.
Dans un banya, comme dans un sauna traditionnel, les pierres chauffées constituent le cœur de la production de chaleur. La vapeur apparaît lorsque de l'eau est versée sur celles-ci.
L'humidité peut donc évoluer fortement au cours de la séance.
Le banya reste ainsi beaucoup plus proche techniquement du sauna traditionnel que du hammam.
Quel poêle pour un banya ?
Le banya traditionnel peut être chauffé au bois. Le poêle doit pouvoir chauffer efficacement les pierres nécessaires à la production de vapeur.
Des installations contemporaines peuvent également utiliser d'autres systèmes de chauffage conçus pour produire les conditions recherchées.
Dans tous les cas, le dimensionnement du poêle, la quantité de pierres, la ventilation et la résistance des matériaux à la chaleur et à l'humidité sont essentiels.
Transformer simplement un sauna en versant beaucoup plus d'eau sur un poêle qui n'est pas prévu pour cet usage n'est pas une bonne solution. Les caractéristiques et les instructions du fabricant de l'appareil doivent toujours être respectées.
Le banya est-il meilleur pour la santé que le sauna ?
Il n'existe pas de raison de présenter le banya comme une version thérapeutique ou médicalement supérieure du sauna.
Comme toute exposition importante à la chaleur, il provoque une transpiration, une vasodilatation et une augmentation de la fréquence cardiaque. Il peut également procurer une sensation de détente appréciée par ses utilisateurs.
La transpiration ne constitue cependant pas une « détoxification » de l'organisme et le banya ne doit pas être présenté comme un traitement médical ou comme un moyen de renforcer automatiquement le système immunitaire.
Son intérêt réside avant tout dans une expérience de chaleur particulière et dans une tradition culturelle différente de celle du sauna finlandais.
Banya et sauna : deux traditions cousines
Banya russe et sauna finlandais partagent finalement beaucoup plus de caractéristiques que leur opposition habituelle pourrait le laisser penser.
Tous deux utilisent la chaleur, les pierres et l'eau. Tous deux peuvent comporter plusieurs passages séparés par des périodes de repos et de refroidissement.
Mais chacun possède sa culture et ses rituels.
Le sauna finlandais est indissociable du löyly. Le banya se caractérise notamment par une utilisation particulière de la vapeur et par le venik.
Plus qu'une variante du sauna, le banya constitue donc une tradition du bain de chaleur à part entière, développée au fil des siècles en Russie et dans différentes régions d'Europe de l'Est.