Construire et fabriquer un sauna
Le sauna « fait maison »
Parce que le sauna correspondant exactement à ses besoins n'existe pas toujours dans le commerce, il est possible d'envisager de construire soi-même sa cabine. La fabrication d'un sauna reste relativement accessible à condition de respecter quelques principes essentiels concernant ses dimensions, son isolation, le choix du bois, la ventilation et la puissance du poêle.
Voici les principales règles à connaître pour construire un sauna performant, confortable et adapté à son utilisation.
Les règles essentielles pour fabriquer un sauna
Règle n°1 : adapter les dimensions au nombre d'utilisateurs
Il est inutile de construire une cabine pour cinq personnes si le sauna est généralement utilisé à deux. Un volume inutilement important prend davantage de place, coûte plus cher à construire et demande plus d'énergie pour être chauffé.
À titre indicatif, un sauna de 1,5 × 2 m peut accueillir environ 3 personnes. Une cabine de 2 × 2 m convient généralement à 4 ou 5 personnes.
Lorsque la place le permet, prévoir une longueur intérieure d'au moins 2 mètres permet également d'installer une banquette suffisamment longue pour s'allonger. Ce confort est appréciable, même si de nombreux utilisateurs préfèrent rester assis pendant leur séance.
Règle n°2 : ne pas construire un sauna trop haut
Une pièce disposant d'une hauteur sous plafond de 2,50 m ne justifie pas de construire un sauna de la même hauteur.
L'air chaud monte naturellement. Avec un plafond trop élevé, une partie de la chaleur s'accumule inutilement au-dessus des utilisateurs et augmente le volume à chauffer.
Une hauteur hors tout d'environ 2,10 m est généralement suffisante. Elle permet d'obtenir une bonne répartition de la chaleur tout en limitant le volume intérieur, le temps de chauffe et la consommation d'énergie.
Si l'espace restant entre le sauna et le plafond de la pièce pose un problème esthétique, il peut être habillé avec le même bois que la cabine afin d'obtenir visuellement une continuité jusqu'au plafond.
Règle n°3 : vérifier la puissance électrique disponible
Un sauna équipé d'un poêle électrique nécessite généralement une ligne électrique dédiée depuis le tableau. Une prise électrique classique à proximité ne convient que très rarement à l'alimentation d'un poêle de sauna.
Pour déterminer la puissance nécessaire, on peut retenir comme première base environ 0,8 kW par m³ de volume intérieur pour un sauna correctement isolé.
Le calcul du volume est simple :
longueur × largeur × hauteur = volume en m³
Un sauna de 2 × 2 × 2 m représente 8 m³.
8 × 0,8 = 6,4 kW
Un poêle d'environ 6 kW correspond donc à cet ordre de grandeur, sous réserve de vérifier la plage de volume prévue par le fabricant.
Selon la puissance et le modèle du poêle, l'alimentation pourra être en 230 V monophasé ou en 400 V triphasé. Il est donc important de vérifier ce point avant de choisir le poêle et de commencer la construction.
Règle n°4 : tenir compte des surfaces vitrées
Les grandes surfaces vitrées donnent au sauna un aspect contemporain et permettent d'ouvrir visuellement la cabine. Elles isolent cependant moins efficacement qu'une paroi correctement isolée.
Une porte ou une façade vitrée augmente donc les besoins en chauffage.
À titre indicatif, 1 m² de surface vitrée ou non isolée peut représenter environ 1,2 m³ supplémentaires à chauffer. Une grande façade en verre peut ainsi conduire à choisir un poêle plus puissant que celui correspondant au seul volume intérieur de la cabine.
Règle n°5 : choisir entre bois massif et lambris avec isolation
Les deux techniques permettent de construire un véritable sauna traditionnel.
Pour un sauna en bois massif, les madriers doivent être suffisamment épais pour assurer une isolation satisfaisante. Une épaisseur d'au moins 35 mm constitue une base à privilégier. Le bois doit être sec et les assemblages suffisamment précis pour éviter les passages d'air.
Le sauna réalisé avec une ossature isolée et un lambris intérieur offre quant à lui de bonnes performances thermiques avec des parois moins épaisses.
Dans ce cas, il est essentiel de placer un pare-vapeur adapté entre l'isolant et le revêtement intérieur. Il limite la pénétration de l'humidité dans la paroi, notamment lorsque de l'eau est régulièrement versée sur les pierres.
Règle n°6 : utiliser un isolant adapté
L'isolant doit être choisi en tenant compte des températures élevées rencontrées dans un sauna.
Il convient de privilégier des matériaux adaptés à cet environnement, tels que certaines laines minérales ou isolants naturels compatibles avec cet usage, associés à un pare-vapeur correctement posé.
Les isolants et autres matériaux constituant les parois doivent être prévus pour résister durablement aux conditions particulières de température et d'humidité du sauna.
Règle n°7 : choisir une essence de bois adaptée
Toutes les essences de bois ne présentent pas le même comportement lorsqu'elles sont soumises aux importantes variations de température d'un sauna.
Les bois provenant des régions nordiques sont traditionnellement très utilisés. La croissance lente des arbres sous ces climats produit un bois particulièrement adapté à la construction des cabines.
L'épicéa nordique constitue ainsi l'un des grands classiques du sauna finlandais. D'autres essences sont également utilisées, notamment le tremble, l'aulne ou certains bois thermo-traités.
Pour les banquettes et les dossiers en contact avec la peau, il est préférable d'utiliser un bois stable, agréable au toucher et ne devenant pas excessivement chaud.
Règle n°8 : bien choisir le poêle et la quantité de pierres
La puissance du poêle doit correspondre au volume corrigé du sauna, mais la quantité de pierres mérite également d'être prise en compte.
Pour les amateurs de löyly et d'une sensation de chaleur plus humide, un poêle disposant d'une importante capacité de pierres présente un réel intérêt. Un appareil pouvant recevoir plus de 40 kg de pierres permet notamment d'accumuler une quantité importante de chaleur et de produire davantage de vapeur lorsque de l'eau est versée sur les pierres chaudes.
À l'inverse, un poêle contenant une masse de pierres plus faible peut favoriser une montée en température plus rapide.
Le choix dépend donc à la fois du volume de la cabine et du type de sauna recherché.
Ne pas oublier la ventilation du sauna
La ventilation doit être prévue dès la construction. Elle permet le renouvellement de l'air pendant l'utilisation et facilite également le séchage de la cabine après les séances.
La position des entrées et sorties d'air dépend notamment du type de poêle et du principe de ventilation retenu. Il convient donc de respecter les recommandations correspondant au système de chauffage installé.
Une fois les dimensions, l'isolation, la ventilation et le chauffage correctement étudiés, la fabrication d'un sauna sur mesure permet d'obtenir une cabine parfaitement adaptée à l'espace disponible et au nombre d'utilisateurs.