Sauna et hammam: Evitez les maladies de l'hiver
Lorsque l'hiver arrive, rhumes, grippes et autres infections respiratoires deviennent plus fréquents. Sauna et hammam sont alors souvent présentés comme des moyens de « renforcer les défenses » ou même d'éviter les maladies hivernales.
La réalité est plus nuancée.
Ni le sauna ni le hammam ne permettent de garantir une protection contre les virus respiratoires. Ils peuvent en revanche constituer des pratiques agréables pendant la saison froide, notamment pour la détente, le confort procuré par la chaleur et, dans le cas du hammam, la sensation produite par un air chaud et très humide.
Pourquoi sommes-nous davantage malades en hiver ?
Le froid ne provoque pas directement le rhume ou la grippe : ces maladies sont causées par des virus.
Plusieurs facteurs favorisent cependant leur circulation pendant la saison froide. Nous passons davantage de temps dans des espaces clos, la ventilation peut être insuffisante et certains virus respiratoires circulent particulièrement à cette période.
Le chauffage des bâtiments peut également produire un air intérieur relativement sec, parfois inconfortable pour les voies respiratoires.
Le sauna et le hammam ne suppriment pas ces facteurs et ne constituent donc pas une barrière contre les infections.
Sauna et hammam : deux types de chaleur très différents
Le sauna traditionnel fonctionne généralement à une température élevée, souvent comprise entre 70 et 100 °C.
Contrairement à l'expression courante de « chaleur sèche », son humidité n'est pas constante. Lorsque de l'eau est versée sur les pierres du poêle, elle produit le löyly, une bouffée de vapeur qui augmente momentanément l'humidité et surtout la chaleur ressentie.
Le hammam fonctionne selon un principe très différent. Un générateur produit de la vapeur dans une cabine dont la température est beaucoup plus modérée, généralement autour de 40 à 50 °C, avec une humidité très élevée pouvant approcher la saturation.
Les sensations et les contraintes thermiques ne sont donc pas les mêmes.
Le sauna peut-il prévenir le rhume ou la grippe ?
Il n'est pas démontré qu'une séance de sauna empêche de contracter un rhume, une grippe ou une autre infection respiratoire.
Des travaux scientifiques ont étudié les relations entre pratique régulière du sauna et santé respiratoire. Certaines observations sont intéressantes, mais elles ne permettent pas de considérer le sauna comme une méthode de prévention des infections.
De même, la température élevée de la cabine ne détruit pas les virus déjà présents dans l'organisme.
Le corps maintient sa température interne très loin des 70 à 100 °C mesurés dans l'air d'un sauna.
Le sauna peut-il soigner un rhume ?
Le sauna ne constitue pas un traitement du rhume.
L'exposition à l'air chaud a été étudiée chez des personnes enrhumées sans démontrer une réduction suffisamment convaincante de l'ensemble des symptômes pour en faire un traitement.
Une personne peut apprécier subjectivement la chaleur, mais cette sensation ne signifie pas que le virus responsable de l'infection est détruit.
Il ne faut donc pas chercher à « transpirer le virus ».
La transpiration sert principalement à réguler la température corporelle et ne permet pas d'éliminer une infection.
Le hammam dégage-t-il les voies respiratoires ?
L'air chaud et très humide du hammam peut procurer chez certaines personnes une sensation temporaire de confort au niveau du nez et des voies respiratoires supérieures.
L'humidité peut notamment rendre l'atmosphère plus agréable lorsqu'on ressent une sécheresse des muqueuses.
Cela ne signifie cependant pas que la vapeur soigne l'infection responsable des symptômes.
Les recherches consacrées à l'inhalation d'air chaud et humide dans le traitement du rhume ont produit des résultats variables et ne permettent pas d'en faire un traitement établi.
Le hammam doit donc être considéré comme une pratique de bien-être et non comme une thérapie respiratoire.
Sauna ou hammam en cas de nez bouché ?
Une personne sans fièvre ni altération de son état général peut trouver l'atmosphère humide du hammam plus confortable lorsqu'elle ressent une sécheresse nasale.
D'autres préféreront la chaleur du sauna.
Mais si le nez bouché est lié à une infection en cours, ni le sauna ni le hammam ne vont éliminer le virus.
Dans un établissement collectif, il faut également penser aux autres utilisateurs : fréquenter un sauna ou un hammam lorsqu'on est contagieux peut exposer d'autres personnes à l'infection dans les espaces communs.
Peut-on aller au sauna avec de la fièvre ?
Non, il est préférable de reporter la séance.
La fièvre correspond déjà à une élévation de la température corporelle. Ajouter une exposition importante à la chaleur augmente inutilement la contrainte thermique imposée à l'organisme.
La transpiration peut également accentuer la déshydratation.
La même prudence s'applique lorsqu'une infection aiguë provoque une fatigue importante, des vertiges ou une altération notable de l'état général.
Le sauna sera beaucoup plus agréable une fois rétabli.
Le sauna renforce-t-il les défenses immunitaires ?
L'exposition à la chaleur entraîne différentes réponses physiologiques et biologiques qui font l'objet de recherches.
Cela ne permet toutefois pas d'affirmer qu'une séance de sauna « renforce le système immunitaire » au point de protéger contre les infections hivernales.
Il faut notamment distinguer une modification mesurable de certains paramètres biologiques et la démonstration clinique qu'une personne sera effectivement moins malade.
Le sauna ne remplace donc aucune mesure de prévention d'une infection.
Et le hammam ?
Le même raisonnement s'applique au hammam.
La vapeur et la chaleur provoquent des réactions physiologiques et peuvent procurer une sensation agréable, mais elles ne constituent pas une protection contre les virus respiratoires.
Une température de 40 ou 50 °C dans la cabine ne signifie évidemment pas que l'intérieur des voies respiratoires atteint cette température.
Chercher à respirer une vapeur excessivement chaude pour « tuer les virus » serait non seulement inefficace, mais pourrait également provoquer des brûlures.
La chaleur peut néanmoins être agréable en hiver
L'absence d'effet antiviral démontré n'enlève pas tout intérêt au sauna ou au hammam pendant l'hiver.
Après une journée passée dans le froid, la chaleur peut procurer une agréable sensation de confort et de détente.
Le sauna entraîne une vasodilatation, une accélération du rythme cardiaque et une transpiration importante. La chaleur peut également procurer une sensation de relâchement musculaire.
Le hammam offre une expérience différente, caractérisée par une chaleur moins élevée mais une atmosphère saturée d'humidité.
Dans les deux cas, le temps consacré à la séance et au repos peut constituer une véritable parenthèse de détente pendant la saison froide.
Sauna, hammam et peau en hiver
L'hiver, le froid extérieur et le chauffage intérieur peuvent favoriser une sensation de peau sèche chez certaines personnes.
Le hammam donne souvent une impression de peau plus souple immédiatement après la séance grâce à l'environnement très humide.
Le sauna provoque au contraire une transpiration importante.
Dans les deux cas, une douche après la séance permet d'éliminer la transpiration et les résidus présents sur la peau.
Il est cependant excessif de parler d'« ouverture des pores » ou de présenter sauna et hammam comme des traitements dermatologiques.
Faut-il ajouter des huiles essentielles ?
L'utilisation d'huiles essentielles dans un sauna ou un hammam demande de la prudence.
Une huile essentielle pure ne doit pas être versée directement sur les pierres d'un poêle de sauna. Seuls des produits adaptés à cet usage doivent être employés conformément aux recommandations du fabricant.
Dans un hammam équipé d'un système de diffusion de parfum, il faut également utiliser les produits et les dosages prévus pour l'installation.
Les huiles essentielles ne doivent pas être présentées comme un traitement d'une infection respiratoire.
Quelques précautions pendant l'hiver
La chaleur provoque une perte d'eau par transpiration, particulièrement importante dans le sauna. Il faut donc arriver correctement hydraté et boire après la séance.
La durée doit rester adaptée à sa propre tolérance. Dans un sauna, des passages d'environ 5 à 15 minutes sont courants, mais il n'existe aucune durée qu'il faudrait absolument atteindre.
L'alcool est à éviter avant et pendant la séance.
En cas de maladie cardiovasculaire particulière, de tendance aux malaises ou de problème médical susceptible d'être aggravé par la chaleur, un avis médical peut être nécessaire.
Sauna ou hammam : lequel choisir en hiver ?
Il n'existe pas de meilleur choix pour prévenir les maladies hivernales puisque ni l'un ni l'autre ne constitue une protection contre les infections.
Le choix dépend avant tout des sensations recherchées.
Le sauna convient à ceux qui apprécient une chaleur intense, les pierres chaudes, le löyly et l'alternance traditionnelle entre chaleur, refroidissement et repos.
Le hammam propose une chaleur moins élevée dans une atmosphère extrêmement humide et enveloppante.
Deux expérie